Les victimes de l'amiante contre la baisse des indemnisations



Mercredi 9 mai, une manifestation a réuni à Douai, dans le Nord, 1 200 victimes de l'amiante, à l'initiative de l'Association nationale des victimes de l'amiante (Andeva) soutenue par la CGT.

En plus des manifestants du Nord, ceux de Condé-sur-Noireau et de Bayonne notamment étaient venus manifester leur solidarité à soixante victimes qui ont déposé un recours devant la cour d'appel contre la faiblesse des indemnisations décidées par le tribunal des affaires de la Sécurité sociale de Lille. À Marseille, à Aix-en-Provence, à Mont-de-Marsan aussi, les indemnisations sont en forte baisse. Il y a quelques années, un travailleur ayant contracté des plaques pleurales pouvant entraîner un cancer de la plèvre obtenait 45 000 euros d'indemnisation. Aujourd'hui, pour le même préjudice, c'est 7 500 euros, voire 3 000 euros !

La présidente du tribunal d'appel a justifié la baisse constatée des indemnisations à Douai par une péréquation avec les autres maladies professionnelles : les victimes de l'amiante sont très nombreuses et le seront plus encore dans les années suivantes, alors il faudrait que les indemnisations baissent !

C'est d'ailleurs la volonté ouverte du Medef, qui prétend que les indemnisations de plaques pleurales ne se justifient pas. Le patronat a massivement utilisé l'amiante comme isolant thermique, alors que sa nocivité était connue dès les premières années du 20e siècle. Il a engrangé des profits grâce à cette production mais maintenant, pour ne pas avoir à payer de plus fortes cotisations à la Sécurité sociale, il veut diminuer les indemnisations.

Les travailleurs victimes et leurs familles ont dit leur refus de cette politique cynique. Leurs empoisonneurs ne s'en débarrasseront pas comme cela.

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