Le diesel pollue, le capitalisme aussi



Deux millions et demi de ces Franciliens seraient concernés par les dépassements des normes de pollution, parce que résidant à moins de 200 mètres de ces axes routiers importants.

Mais, à part des déclarations aussi tonitruantes qu'inquiétantes des politiciens en campagne, que font les pouvoirs publics face à une situation connue et ancienne ? Interdit à Tokyo depuis le début des années 2 000, le gazole a été mis en cause en France il y a plus de trente ans dans des rapports médicaux, enterrés sous la pression des constructeurs automobiles. Peugeot notamment a su à l'époque imposer des incitations fiscales afin de vendre davantage de véhicules diesel. En 2013, 67 % des véhicules neufs vendus étaient toujours à motorisation diesel. Simple exemple, la TVA sur le carburant utilisé par les véhicules d'entreprise n'est récupérable que s'il s'agit de gazole. Et si on entend à nouveau parler de modification des taxes sur les carburants, seule est évoquée l'augmentation des taxes sur le gazole, qui nuirait encore aux mêmes, la population travailleuse obligée de se rendre à son travail. Pourquoi ne pas aligner les deux carburants en baissant les taxes sur l'essence ? Tout simplement parce que le gouvernement ne veut pas perdre la ressource représentée par ces impôts !

Quant au transport de marchandises, il est toujours largement dominé par la route, donc largement polluant. En 2012, sur la totalité des marchandises transportées sur le sol du pays, 87 % l'étaient en camion, 2,4 % par voie fluviale et 10 % seulement par le rail. Aucune politique publique n'est mise en œuvre pour inverser tant que faire se peut cette évolution.

Il y a un an, le ministre du Redressement productif s'opposait à « une prime qui garnisse les carnets de commande de constructeurs qui ne sont pas français ». Et il ajoutait : « Il faut trouver une formule qui n'attaque pas le made in France car nous sommes les meilleurs en diesel. » Un cocorico qui laissait les capitalistes de l'automobile, du pétrole et du transport libres de continuer à polluer sans souci.

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