Surendettement : être pauvre, ça s’apprend
Plongeant déjà dans la misère, ces personnes deviennent la cible des poids lourds de la grande distribution et des requins du crédit, qui pratiquent un véritable harcèlement publicitaire et commercial pour les inciter à prendre des crédits. Ces vautours ciblent des travailleurs dans le besoin en leur faisant miroiter des crédits renouvelables (revolving) et autres « réserves d’argent » dans lesquelles piocher en apparence facilement, pour finalement mieux les enchaîner à un endettement à des taux usuraires.
L’État autorise les organismes de crédit à prêter plus de 6 000 euros à un taux maximum de 9,21 %, de 3 000 à 6 000 euros au taux maximum de 14,37 %, et, pour les prêts inférieurs à 3 000 euros, les laisse exiger jusqu’à 20,25 % d’intérêt. C’est d’autant plus scandaleux qu’en ce moment les banques peuvent, de leur côté emprunter de l’argent au taux de 0,05 % à la Banque centrale européenne.
Depuis 2007, plus de 900 000 personnes sont passées par une procédure de surendettement ou y sont encore. Face à cette situation, le gouvernement s’apprête à publier le mois prochain un plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté, dont la presse révèle qu’il mettra en avant des « points conseil budget », où l’on dispensera aux surendettés une « éducation budgétaire ». Ce qui revient à rejeter sur les pauvres la responsabilité de leur pauvreté.
En résumé : « Dites-nous ce dont vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer », comme disait Coluche, qui déjà en son temps raillait ce genre de conseils.
