Irak : les dégâts de l’occupation



Cette condamnation, huit ans après les faits, rappelle que l’impérialisme américain a eu recours à des entreprises privées durant les années de guerre et d’occupation en Irak, de 2003 à 2011, en plus de son armée régulière. En 2007, le nombre des salariés des entreprises privées telles que Blackwater, travaillant pour le ministère de la Défense ou pour le ministère des Affaires étrangères, atteignait même 190 000 à 200 000 personnes, c’est-à-dire plus que le nombre de militaires alors en Irak. Environ 30 000 à 50 000 membres de ces armées privées étaient des militaires, très bien payés, et en général recrutés au sein des unités spéciales de l’armée américaine, ou dans les armées de pays d’Afrique ou d’Amérique latine. Les autres, beaucoup moins bien payés, effectuaient les transports et les travaux de construction ou de maintenance des bases militaires.

En décembre 2011, officiellement, les troupes américaines ont quitté l’Irak. En réalité, le gouvernement américain a remplacé ses propres troupes par une importante armée de mercenaires payés par lui. L’ambassade américaine à Bagdad, située dans l’enclave fortifiée de la Zone verte, est devenue la plus grande ambassade au monde, se transformant en une petite ville de 17 000 employés, mercenaires et membres des forces de sécurité.

Durant toutes ces années, l’armée américaine, celle officielle comme celle de l’ombre, a été responsable de nombre d’exactions semant la haine parmi la population irakienne. Elle a provoqué massacres, destructions et misère, fournissant le terreau pour le développement des milices de Daech.

L’impérialisme américain et ses alliés sont ainsi entièrement responsables du chaos actuel. Les condamnations exemplaires prononcées contre les mercenaires de Blackwater ne suffiront pas à le faire oublier.

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