STMicroelectronics (Crolles) : megadividendes et nanoprimes

C’est ce qui, depuis le mercredi 18 mars, a déclenché la colère des salariés de production de Crolles, dans l’Isère. Leur première revendication est le rétablissement de cette prime et aussi une augmentation de salaire, ainsi que l’embauche des CDD et intérimaires. Des débrayages se sont succédé. Plus de 300 grévistes et des collègues d’une petite unité de production du site de Grenoble se sont retrouvés lors d’un rassemblement devant l’usine, le 25 mars.
La direction a alors fait fermer les portails d’entrée et de sortie de l’usine, créant une véritable pagaille : des salariés voulant rentrer chez eux se trouvaient bloqués, certains devant prendre en charge leurs enfants, d’autres ayant des rendez-vous à l’extérieur. Les gardiens, plutôt gênés, expliquaient qu’ils avaient des ordres et ne pouvaient ouvrir. Au portail principal, des représentants de la direction intimaient l’ordre à une huissière de constater que les grévistes bloquaient les portes, ce que celle-ci refusa, car ce n’était pas vrai. Dans le même temps, des cadres de l’entreprise, jouant les gros bras, bloquaient à tout le personnel l’accès à un bâtiment de production, y compris à ceux qui n’étaient pas en grève et voulaient travailler. Des vigiles supplémentaires avaient aussi été dépêchés sur place, attifés d’une tenue noire type paramilitaire. Beaucoup de cinéma donc : ST ne lésine pas sur les moyens.
La direction, lors de réunions de « négociation », a fait la sourde oreille mais le moral des salariés est toujours là. Leur dernière action, une manifestation vers la mairie de Crolle, le 7 avril, est là pour le prouver. Et une autre se préparait pour mardi 14 à Grenoble.
Il y a deux ans, une grève victorieuse avait permis d’obtenir 70 euros d’augmentation. Si la mobilisation perdure et s’étend, ST pourrait avoir, aujourd’hui aussi, à revoir sa copie.
