Cartels : du yaourt au poulet
La raison invoquée par les industriels était de faire face à la baisse de 30 % du marché liée à l’épidémie de grippe aviaire et à la hausse des céréales. Les industriels ont été dénoncés… par les distributeurs qui auraient fait les frais de l’entente.
En moins de six mois, l’Autorité de la concurrence a dénoncé plusieurs ententes illégales. En décembre 2014, 13 fabricants de produits d’hygiène, dont Procter et Gamble, Unilever ou Colgate-Palmolive, écopaient d’une amende d’un milliard d’euros. Fin mars 2015, un cartel de la farine était montré du doigt, juste avant celui des produits laitiers.
En fait, ces ententes font partie du fonctionnement normal du marché capitaliste, qui recherche le maximum de profits par tous les moyens, y compris illégaux. Il est tout aussi habituel que ces affaires sortent grâce à des dénonciations et que l’Autorité de la concurrence soit compréhensive avec ceux qui « balancent ». Ainsi Yoplait, qui a dénoncé ses complices du « cartel du yaourt » auquel il participait jusqu’en 2011, a échappé à l’amende…
Rien n’empêchera les patrons de s’arranger entre eux, tant que n’existera pas une transparence totale, en commençant par supprimer le secret commercial et bancaire qui permet de camoufler toutes ces pratiques. Et, plutôt que compter sur cette Autorité de la concurrence si prompte à trouver des arrangements avec les fraudeurs, il faudra imposer un véritable contrôle de la population sur les prix et les pratiques des fabricants.
