Assistance publique- Hôpitaux de Paris : Hirsch doit retirer complètement son plan

Un recul sur la forme….
Le mécontentement qui s’est exprimé lors de ces deux journées précédentes entre autres a donc amené Hirsch à envoyer aux représentants syndicaux le 2 juin une déclaration accompagnée d’un nouveau texte à négocier. En réponse aux manifestants qui criaient « Le plan Hirsch à la poubelle », ce dernier a déclaré que son projet, celui remis le 23 avril et qu’il entendait appliquer accord ou pas, n’avait plus d’existence.
Pour arrondir les angles, Hirsch utilise un langage consensuel. Il n’y a donc plus de sa part la volonté de passer en force sans l’accord des syndicats avec comme date butoir le 18 juin. L’accord de 2002 organisant la mise en place des 35 heures et l’organisation du travail, avec les 20 et jusqu’à 26 jours de récupération, est donc, selon les nouvelles déclarations de Hirsch, toujours valide. Il se proposerait seulement de l’amender. De plus, il renonce à généraliser la journée de 7 heures. Mais quand il s’engage à garantir à tous au moins 15 jours de RTT, cela veut dire qu’il se prépare à reprendre les autres jours existants.
…mais pas sur le fond
Car, après ce « je vous ai compris », Hirsch précise ses objectifs. Aussi il propose dans une annexe au texte de supprimer tous les horaires de travail existants, de 7 h 50 ou 7 h 36, pour les ramener à 7 h 30, ce qui ferait perdre à chacune des catégories concernées entre 3 et 7 jours de RTT sur l’année.
Mais les attaques envisagées ne s’arrêtent pas là. Certes, Hirsch ne remet plus en cause la demi-heure de repas des personnels soignants comptée comme temps de travail, mais c’est pour affirmer sa volonté de s’attaquer à celle de tous les autres, administratifs, ouvriers, etc., en essayant ainsi de créer une division entre les différentes catégories de salariés.
Enfin Hirsch voudrait mettre en route dès maintenant les nouveaux horaires dans un certain nombre d’hôpitaux « à titre expérimental », pour en tirer le bilan de « façon consensuelle » à l’automne prochain, déclare-t-il.
Et surtout le fond demeure. Il s’agit de flexibilité et d’annualisation, comme c’était prévu dès le départ par le grand patronat dans la loi Aubry sur les 35 heures, transposée dans sa version hospitalière de 2002.
La réaction du personnel et l’attitude des directions syndicales
Face à cette grave offensive, les directions syndicales qui n’avaient guère montré d’enthousiasme à appeler à la première journée de grève du 21 mai ni à celle du 28 mai, décidée suite à une certaine pression de leur base, ont gardé comme horizon les négociations. Cependant, à la veille de la troisième journée appelée pour le 11 juin, la revendication de retrait total du plan Hirsch « ni amendable, ni négociable » tient toujours à cœur aux travailleurs mobilisés. En effet, ce plan n’est que la dernière des multiples versions destinées à camoufler le véritable problème des hôpitaux : le manque de personnel. Non, répondent les salariés, il ne s’agit pas d’un problème d’organisation du travail mais d’embauches !
Les salariés ne peuvent compter que sur leur détermination pour faire remballer son nouveau projet à Hirsch. Le ras-le-bol des sacrifices, de la détérioration insupportable de leurs conditions de travail, des restrictions permanentes dans tous les domaines, de la fatigue qui s’accumule, du dégoût qui peut naître sur la façon dont on prodigue les soins, tout encourage à se faire entendre davantage. Des premiers reculs ont été obtenus avec seulement deux jours de grève et manifestation, cela devrait encourager à maintenir voire augmenter la mobilisation. C’est ce qu’on peut espérer de mieux, pour les salariés de l’AP-HP et pour ceux des autres hôpitaux du pays tout autant attaqués.
