Reydel Automotive – Gondecourt : coup de colère
La veille au soir, les salariés avaient appris que la direction avait donné aux cadres une prime spéciale pour les remercier d’avoir bien « réussi » le passage de Visteon à Reydel. En novembre 2014, Visteon a été racheté par un fonds et est devenu Reydel Automotive. La direction donnait aux cadres une prime censée rester secrète et qui allait de 930 à 2 000 euros, juste avant les congés. Pour les ouvriers, il n’y avait rien.
Quand la nouvelle a été connue, la colère s’est immédiatement répandue dans les ateliers. Le mécontentement est important : sur les salaires, l’augmentation n’a été que de 0,9 % cette année. De plus, les conditions de travail n’ont pas arrêté d’empirer : il n’y a pas assez d’entretien, les machines tombent souvent en panne, il manque depuis longtemps des régleurs, des mécaniciens, et il faut récupérer le samedi la production qui n’a pas été faite à cause des pannes.
Il y a quelque temps, pour le poste d’après-midi, l’atelier Edison n’a pas tourné pendant plus d’une semaine et il a fallu ensuite faire des heures supplémentaires jusqu’à 23 heures. L’usine tourne presque tous les samedis ; le 13 juillet, l’usine a tourné… Les cadences s’aggravent ; constamment, il y a des suppressions de postes. Par exemple, pour qu’un opérateur s’occupe de trois machines au lieu de deux ou pour que les monteurs soient régleurs en même temps… Le ras-le-bol est d’autant plus fort que la direction vient de déclarer aux ouvriers qu’ils étaient mauvais, « le deuxième équipementier le plus mauvais », paraît-il. Comme si la pagaille venait des salariés et non de la direction !
La grève a duré jeudi et vendredi, pour la grande majorité, jusqu’à leur départ en congés. La direction a d’abord essayé de dire que la prime était normale et pas exceptionnelle, mais la CGT a diffusé une lettre reçue par un cadre prouvant qu’il s’agissait bien d’une récompense pour les cadres à l’occasion du passage de Visteon à Reydel. Le PDG de Reydel, qu’on voit intervenir parfois dans des journaux, explique sa réussite par « sa capacité à susciter l’enthousiasme des équipes » et à « faire régner une excellente ambiance ».
Pour le moment, il y a effectivement de l’ambiance, tous les travailleurs sont très contents de dénoncer le mépris de la direction, de lui dire ce qu’ils pensent de sa politique et d’exprimer leur ras-le-bol !
