Université d’été Les Républicains : les nombrils étaient de sortie



Les sourires convenus étaient de rigueur, et les tontons flingueurs de chaque écurie avaient pour consigne de ranger les silencieux et les sifflets au placard. Même Christine Boutin aurait été applaudie.

En plus de tenter de faire oublier les affaires, comme celle de Bygmalion, qui continuent de coller aux basques de l’ex-UMP, il fallait afficher l’unité de « la grande famille transparente » Les Républicains, au moins le temps de la préparation des prochaines élections régionales. Et chacun des ténors, Juppé, Fillon et Sarkozy, avec comme vedette américaine Morano, a pu dans son discours enfiler des perles aussi convenues que peu crédibles : être « des élus modestes et courageux », « valoriser le projet » ou encore « se rassembler pour gagner ». Mais il ne fallait pas trop en demander : aucun des prétendants n’a daigné écouter le discours de l’autre, problème de planning sans doute.

La palme de l’humour involontaire a été cette fois emportée haut la main par Sarkozy, arrivé sur place bon dernier. Au milieu d’une envolée lyrique convenue sur « la France pays des droits de l’homme », sa langue a pris la direction contraire – ou peut-être conforme ? – à son esprit : « La France a toujours été du côté des dictateurs », a-t-il lâché devant un parterre médusé, et de continuer sans s’en apercevoir.

Il ne s’agissait pas d’un soudain éclair de lucidité, mais d’un simple lapsus de cabotin pas encore tout à fait dérouillé, mais finalement révélateur. Bien dans la tradition de l’État français, c’est le Sarkozy encore président, qui avait déroulé le tapis rouge au dictateur Khadafi invité à camper dans la cour de l’Élysée et le sanglant Bachar al-Assad au défilé du 14 Juillet.

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