Dassault – Argenteuil : les vautours



L’éditorial du journal d’entreprise Dassault Mag, signé du PDG Éric Trappier, illustre le cynisme des objectifs visés : « Contrairement à ceux qui voulaient toucher les dividendes de la paix après la chute du mur de Berlin, nous avons toujours su que la paix est un dividende de l’effort de défense. C’est aussi pour cela que nous faisons notre métier. »

C’est bien entendu au nom de la lutte contre le terrorisme que Dassault entend, lui, toucher les dividendes de la guerre. Et, comme il faut rendre tout cela présentable, le PDG, flanqué des représentants de toutes les organisations syndicales, est allé lui aussi « rendre hommage aux victimes du Bataclan ». Il est vrai que Dassault lui-même ne s’est pas risqué à une telle démonstration, tant elle serait apparue choquante aux yeux de tous, mais il y a délégué son premier violon, qui a affirmé aux salariés « l’avoir fait en votre nom à tous ». Mais à qui a-t-il donc demandé ?

Si Dassault a tenu à embarquer les organisations syndicales avec lui, c’est aussi qu’il compte faire taire tous ceux qui, à l’usine, tout en étant profondément choqués par ces attentats terroristes, ne se sentent pas pour autant solidaires des va-t-en-guerre et de celui qui compte bien en faire pour lui-même une opération très rentable.

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