Medef : la fin des haricots selon Gattaz
Comment pourrait-on embaucher, répètent-ils en boucle, si l’on n’a pas le droit de licencier à sa guise ? C’est ce qui ressortait des interviews de patrons, dont les médias se sont largement fait l’écho.
« De quoi j’ai peur ? Des Prud’hommes. Quand j’embauche quelqu’un, je pense à cela », a déclaré l’un d’eux. Gattaz, le patron du Medef, a lui aussi été « déçu » par leur déplafonnement, jugeant que la première version de la loi, dans laquelle les indemnités de licenciements étaient limitées, était « un élément important pour relancer l’emploi », notamment dans les petites entreprises qui sont, a-t-il dit sans voir son nez s’allonger, « un vrai gisement de créations d’emplois ».
Même son de cloche, les larmes de crocodile en plus, du côté de François Asselin, de la CGPME : « Personne ne nous connaît, personne ne nous comprend », s’est-il plaint ; pourtant, « ceux qui créent de l’emploi en France, ce sont les TPE, les patrons de PME ». Le tout s’appuyait sur un sondage commandé par le Medef, qui concluait que 46 % des chefs d’entreprise auraient embauché des salariés si les règles sur le licenciement avaient été assouplies. Il est sûr que 100 % des licenciements auraient bien été facilités, avec dans le meilleur des cas des indemnités considérablement réduites, si les Prud’hommes avaient donné tort à leur employeur. Par ailleurs, rien ne garantit, et leurs serments moins que toute chose, que les patrons auraient embauché ne serait-ce qu’un salarié en contrepartie.
