Primaire à gauche : pour sauver le soldat Hollande



L’idée d’organiser une primaire avait été mise en avant dans un premier temps par ceux qui, au sein de la gauche du PS, se refusaient à voir en Hollande un « candidat naturel » pour l’élection présidentielle et qui manifestaient la volonté de se démarquer d’un gouvernement de plus en plus impopulaire. Les pro-Hollande estimaient quant à eux, comme Valls l’avait déclaré, que « le président de la République sortant n’avait pas à se soumettre à une primaire ».

Aujourd’hui, Valls estime au contraire qu’il n’y a rien de « dévalorisant à retourner devant les Français, à défendre ses idées, à expliquer son action. C’est cela, la démocratie ! » En fait de démocratie, Valls et Cambadélis se sont probablement convaincus que la primaire pouvait se transformer en une opération politique permettant d’imposer la candidature de Hollande à un PS divisé.

Autre avantage pour le PS, cette primaire organisée en janvier 2017 lui permettra d’occuper la scène médiatique face à la droite qui aura désigné son candidat en novembre 2016. Le Parti radical a déjà annoncé qu’il jouerait le jeu en présentant son candidat. La sénatrice et ancienne ministre de Jospin, Marie-Noëlle Lienemann, a d’ores et déjà annoncé sa candidature. Montebourg hésite encore et a déclaré vouloir poser ses conditions. Pour la plupart, le seul enjeu consiste à prendre date et à préparer la suite de leur carrière politique. À l’instar de Valls qui, avant de devenir Premier ministre, avait lui-même été candidat à la primaire remportée par Hollande en 2011...

Le précédent rappelle que, quels que soient les discours prononcés par les uns et les autres à l’occasion de cette compétition électorale, les travailleurs n’ont rien à attendre de cette mascarade ni du candidat qui en sera issu.

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