Autriche : poseurs de barbelés de tous les pays…



Les discours se sont succédé en différentes langues mais sur un même canevas : contre l’islam, contre l’immigration, contre l’Union européenne, pour l’organisation de référendums permettant aux différents pays de la quitter, à l’image de celui qui se prépare en Grande-Bretagne. L’extrême droite affirme que le redécoupage de l’Europe en nations séparées par des frontières étanches résoudrait les problèmes sociaux, à commencer par le chômage et la pauvreté, et permettrait de trouver la paix.

Il n’y a pas besoin d’idéaliser l’Union européenne des capitalistes, celle du chômage de masse et des profits monstrueux des banquiers, pour refuser les perspectives proposées par Le Pen et ses amis. Les frontières ont été le plus souvent tracées par la guerre, y compris les dernières nées en Europe, celles qui séparent les restes de l’ex-Yougoslavie ou celles qui morcellent l’Ukraine. Les peuples, et c’est heureux, sont entremêlés par l’histoire, la grande et les petites. Tracer des frontières, c’est toujours tailler dans le vif.

Il suffit de se souvenir de l’histoire de l’Alsace-Moselle, ou d’imaginer ce que serait la séparation de la Flandre et de la Wallonie ou de la Catalogne du reste de l’Espagne pour s’en rendre compte. Les frontières, loin d’être une protection pour les peuples, annoncent les guerres, l’histoire du continent européen en témoigne. La civilisation européenne et chrétienne dont les politiciens nationalistes se gargarisent, consiste aussi en une succession de massacres, les nobles, puis les capitalistes passant les peuples au fil de l’épée pour défendre leurs frontières et étendre leur territoire.

Quant à l’idée d’empêcher les migrants de passer, en plus d’être répugnante, elle est illusoire. Les migrations, devant des catastrophes naturelles ou sociales, sont la trame même de l’histoire humaine. Des nationalistes attardés peuvent certes s’en servir pour se faire une clientèle, mais ils ne les empêcheront pas plus qu’ils ne peuvent arrêter les nuages.

La crise de l’économie capitaliste, l’absence jusque-là de réponse de la classe ouvrière font prospérer les idées réactionnaires, le nationalisme, l’esprit de clocher, les Le Pen de toutes nationalités. Ils pavoisent, certains d’avoir le vent en poupe, persuadés d’avoir manqué de peu la timbale en Autriche et de pouvoir la décrocher en Grande-Bretagne et en France. Mais un réveil de la combativité et de la conscience des travailleurs, toutes nationalités et origines mêlées dans tous les pays d’Europe, remettrait rapidement les démagogues réactionnaires à leur place, dans les poubelles de l’histoire.

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