Évasion fiscale : les multinationales payeront quand les poules auront des dents



Il propose de sanctionner les entreprises coupables de fraude en les imposant à hauteur de 38 %, au lieu du taux habituel de 33 % de l’impôt sur les sociétés (IS). D’après lui, le fisc y gagnerait au moins un milliard par an. Il dit s’inspirer de l’exemple du Royaume-Uni, où une « taxe Google » a été adoptée.

En effet, en 2015, Google a payé au fisc français la somme de 6,7 millions alors que ses bénéfices liés à la publicité sur son moteur de recherche sont évalués en France à 1,7 milliard. On est loin du taux officiel de 33 % ! Il en va bien sûr de même pour les autres multinationales, toutes championnes de « l’optimisation fiscale ».

Les banques et les groupes capitalistes français emploient évidemment les mêmes méthodes. En moyenne, les sociétés du CAC 40 payent l’impôt sur les sociétés à hauteur de 8 % alors que la plupart des PME approchent du taux de 33 %. Et les paradis fiscaux ne se sont jamais aussi bien portés.

L’agitation de certains hommes politiques autour de ce sujet, en France comme au Royaume-Uni, n’est qu’un écran de fumée et les mesures prises sont du vent. Au Royaume-Uni, le redressement fiscal que Google a négocié lui a permis de ne payer que 166 millions d’euros, une somme dérisoire par rapport à ses profits. Nul doute qu’une éventuelle « Google tax » à la française aurait des résultats aussi spectaculaires.

Par ailleurs, Yann Galut, pour ne pas trop effrayer le patronat et ne pas diminuer « l’attractivité de la France », propose de compenser ces éventuelles sanctions par une baisse du taux de l’IS de 33 à 25 % pour l’ensemble des entreprises.

Quant au ministre de l’Économie Sapin, il a choisi de ne rien faire. En effet, c’est beaucoup plus simple.

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