Santé : les candidats soignent leur image



François Fillon veut faire oublier son programme anti-Sécurité sociale. Il propose le remboursement à 100 % des lunettes pour enfants, davantage de prévention gratuite et une aide à l’acquisition d’une complémentaire santé pour les retraités les plus modestes. Mais, avec tout cela, il veut tout de même faire 20 milliards d’économies en cinq ans !

Émmanuel Macron, lui, veut améliorer les hôpitaux, renforcer leur autonomie, et développer un partenariat public-privé, une pratique qui jusqu’à présent a surtout favorisé le privé.

Benoît Hamon veut faciliter l’accès à la complémentaire santé, y compris pour les plus pauvres. Vu le prix exorbitant de certains médicaments, il n’exclut pas de recourir à la production d’office de médicaments génériques. Il veut aider les médecins qui s’installeraient dans des zones mal dotées et faire reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle.

Macron et Hamon évoquent tous les deux la possibilité de plafonner la tarification à l’acte, qui pousse les établissements de soins à multiplier les actes médicaux. En ce qui concerne le remboursement des prothèses auditives, des frais dentaires et d’optique, Hamon promet de l’augmenter, Macron en propose le remboursement à 100 % d’ici 2022.

À les entendre, demain, ou en 2022, on soignera gratis ou presque. Mais comment les croire ? Comment et par qui seront contrôlés les coûts de production de traitements aux prix exorbitants, si ce n’est par ceux qui les conçoivent et les fabriquent ? Comment imposer aux laboratoires pharmaceutiques la fabrication de génériques ? Comment faire en sorte que des généralistes, et à plus forte raison des spécialistes, acceptent de quitter les beaux quartiers pour des déserts médicaux ? Comment améliorer l’hôpital sans embaucher les milliers de travailleurs indispensables ?

Tout cela, les candidats n’en savent rien, et d’ailleurs ne s’en soucient pas. Aujourd’hui, il s’agit de jeter de la poudre aux yeux, et cela ne coûte rien

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