L’économie va mieux ? Seulement pour les exploiteurs
Pour tous ces gens, la santé de l’économie se mesure à celle des profits engrangés par les capitalistes. De ce point de vue, en effet, la confiance revient avec les bénéfices du premier semestre, parmi les plus fastueux jamais récoltés par les grandes entreprises. Mais il faut avoir un portefeuille à la place du cœur et un petit pois en guise de cervelle pour oser dire que cette augmentation des profits est bonne pour la société dans son ensemble.
D’abord, parce que cette croissance s’obtient en exploitant plus durement les travailleurs. Partout le nombre d’emplois diminue, partout le temps de travail et son intensité augmentent. La quasi-totalité des emplois créés sont des contrats précaires, mal payés et de très courte durée, de l’aveu même de ceux qui parlent d’embellie.
Ensuite, parce ces profits sont faits en dépouillant les services publics utiles à la population travailleuse. L’État consacre en effet de plus en plus d’argent à subventionner les capitalistes et de moins en moins à faire fonctionner les services publics. Où est l’embellie dans les hôpitaux, les écoles, les transports publics, l’accueil des usagers des administrations ? C’est au contraire le mauvais temps qui se confirme dans les municipalités, les services et les associations, privés de subventions et maintenant d’emplois aidés.
Enfin, parce qu’il faut être aveugle ou intéressé pour parler d’embellie dans une société manifestement malade. Les économistes qui fêtent les bénéfices en hausse prédisent d’un même souffle qu’une crise financière catastrophique peut éclater à tout moment. En effet l’économie capitaliste ne survit plus qu’à crédit, la finance accaparant, grâce à une montagne de dettes, une part toujours plus grande du travail productif. Même les plus obtus des commentateurs patronaux voient arriver une crise financière plus grave que celle de 2008. Pire encore, le même journal télévisé où un ministre pérore sur la croissance, montre une planète à feu et à sang, des sommes toujours plus colossales consacrées aux armements, des familles se noyant en cherchant un pays où survivre.
L’embellie viendra, certes, mais seulement lorsque les capitalistes ne parviendront plus à faire passer leur intérêt particulier pour l’intérêt général.
