Employés du RSI : les chefs fêtent la fermeture



Au programme de ces deux jours de séminaire, le summum était : « Réussir ensemble la transformation du RSI », avec les propos enregistrés d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et les bavardages en table ronde d’un nombre important de directeurs des organismes de protection sociale récemment nommés par le nouveau gouvernement.

Pour se reposer entre ces deux journées, les futurs ex-cadres de direction du RSI devaient participer à un dîner de gala et à une soirée animée au château de Ferrières. Sur Internet, certains clients signalent qu’à plus de 170 euros le repas par personne, le vin n’y est pas toujours servi à la bonne température. Peu importe, ce n’est pas eux mais le RSI qui va régler la facture.

À côté de cela, la majorité des 5 300 salariés du RSI sont dans l’expectative quant au sort qui leur est réservé. Le gouvernement a assuré vaguement qu’ils devraient être reversés au sein du régime général, sans qu’on sache qui, où ni comment.

La lettre que le ministère a envoyée à chacun d’entre eux ne risque pas de les tranquilliser. Il y est question d’« éviter les licenciements et la mobilité géographique imposée ». Comme garantie de reclassement, il y a mieux. Surtout de la part d’un gouvernement qui a reçu mission du patronat de tailler dans les dépenses qui ne lui rapportent pas directement.

Les banques, elles, ne s’y sont pas trompées : craignant un risque d’insolvabilité, elles leur refusent prudemment des prêts (immobilier, voiture ).

En attendant, le travail continue. Ce n’était déjà pas facile, à présent c’est encore plus pénible lorsqu’on est en première ligne face à des assurés dont l’inquiétude et le mécontentement augmentent.

Nul doute que les agents de direction, dont certains n’ont pas été vus dans les services depuis plusieurs mois, aient déjà leur valise de départ garantie. Il est question qu’ils perçoivent au moins de 6 000 à 10 000 euros pour services rendus, plus une prime du même montant. Bien servis, comme à la création du RSI en 2006, lorsque 49 agents de direction sont partis avec 5,8 millions d’euros. On comprend qu’ils fassent la fête.

Les dysfonctionnements du RSI, dont ces directeurs étaient responsables, ont bien aidé le gouvernement à décider de sa disparition. Le 10 octobre les salariés du RSI, bien que relevant du secteur privé, avaient toutes les raisons de rejoindre la grève appelée par les syndicats de la fonction publique pour obtenir de ne pas être licenciés, ni contraints à la mobilité géographique forcée et pour que leur salaire soit maintenu.

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