Vélib’ : les travailleurs ne veulent pas être roulés



Non seulement la justice bottait en touche sur l’affaire, alors que les salariés de Vélib’ risquent de perdre leur emploi, mais le même tribunal a dénié au passage toute valeur au comité d’entreprise, au CHS-CT et aux deux syndicats, CGT et SUD, qui les accompagnaient dans cette démarche. Ce tribunal, visiblement, n’aime le salarié que livré seul, pieds et poings liés, au diktat de l’employeur.

Les travailleurs de Vélib’ ont décidé d’occuper trois sites, à Paris, Saint-Denis et Cachan. Le DAL leur a fourni des duvets à cet effet. Ils ont cessé totalement d’entretenir et réparer les vélos. Ils veulent faire connaître leur lutte et leurs exigences, en pesant à la fois sur leur ex-employeur JCDecaux, pour qu’il les indemnise en cas de perte de leur emploi, et sur le repreneur Smoovengo, pour qu’il maintienne leur ancien salaire et leur ancienneté. Ils s’adressent aussi à la mairie de Paris et à la maire Anne Hidalgo, à l’origine de cette situation où 300 travailleurs sont menacés de rester sur le carreau.

C’est en effet parce que la mairie de Paris n’a pas inclus dans son appel d’offres la clause juridique qui oblige le repreneur à reprendre les travailleurs de JCDecaux aux mêmes conditions que ceux-ci se retrouvent dans une situation difficile : ni indemnisés par le précédent patron, ni repris aux mêmes conditions par le nouveau. Une situation entièrement favorable aux employeurs et entièrement défavorable aux travailleurs, qui sont pourtant ceux qui ont permis à cette activité d’exister.

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