Hôpitaux de Marseille : « Soigner les humains, pas les déficits »



Contre le projet aberrant de supprimer encore quelque mille emplois sur l’ensemble des hôpitaux de Marseille, tous dénonçaient une situation d’ores et déjà insupportable pour le service de santé : « La prise en charge des malades est dégradée. Il est inconcevable qu’on nous demande encore de fermer des lits, des services, peut-être des hôpitaux entiers. » « L’hiver dernier, à cause d’une épidémie de grippe, il a fallu annuler des interventions chirurgicales. Demain, avec 500 lits de moins, comment va-t-on faire ? »

La situation est insupportable du point de vue des soignants, des ouvriers, des ambulanciers, des administratifs. Ainsi dans tel service de l’hôpital de La Timone : « En fait, pour répondre au manque d’effectifs, on est aussi femmes de ménage, brancardiers, coursiers et même agents comptables quand il faut enregistrer les urgences. » Quant aux heures supplémentaires, « on ne les compte plus, elles ne sont plus payées : on nous a dit que l’enveloppe était vide ». Le manque d’hospitaliers est criant. Ainsi, à l’hôpital Nord, une cadre racontait : « Hier, dans mon unité, il y avait vingt-cinq patients et une seule infirmière intérimaire. C’était son deuxième jour à l’AP-HM. J’ai dû faire revenir sur ses congés une seconde aide-soignante pour l’assister. [...] C’est ça le quotidien de l’hôpital. [...] Demain dans mon unité, cette infirmière sera seule. »

D’ailleurs, même les produits nécessaires manquent cruellement, « produits d’entretien, éponges : pour faire le ménage on utilise du papier-toilette, on n’a pas assez de bouteilles d’eau pour distribuer aux patients ».

Le chantage de l’État exigeant des centaines de suppressions de postes à l’AP-HM, en échange du financement de la dette, met en danger les malades tout autant que les travailleurs des hôpitaux. Comme l’a dit un des hospitaliers : « Notre mission, c’est de soigner les humains, pas les déficits. »

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