Grancher – Cambo : des travailleurs en colère



Prétextant les baisses tarifaires appliquées aux établissements de santé, la direction est à la recherche d’économies. Il en résulte un climat pénible. Tant qu’ils l’ont pu, les salariés ont continué à accompagner les patients et leurs familles du mieux qu’ils pouvaient. Cela s’est payé par de nombreux arrêts de travail dus au burn-out.

Pour se tirer d’affaire, la direction a mis en place un management de plus en plus agressif. Quand elle a obtenu récemment un label de qualité pour son établissement, elle a refusé ce que le personnel lui demandait en contrepartie : une prime de 300 euros, une augmentation de salaire, le remplacement des salariées malades et deux jours de congés supplémentaires pour les plus de 50 ans.

Elle a non seulement mis le personnel au défi de faire grève mais, très méprisante, elle a annoncé en plus la suppression du poste de radiologie et le non-remplacement de deux postes d’aide-soignant de nuit.

Elle a eu tort. Le jeudi 25 janvier c’était la grève. Il y avait dès le matin 80 personnes au piquet de grève, bientôt rejointes par des kinés, médecins, anciens de l’établissement et… patients. Les slogans fusaient : « Grancher si tu savais, ton mépris où on se le met », « Au cu, au cu, aucune considération ».

Pour être informé des raisons de la grève, le député local La République en marche a donné un rendez-vous à la mairie. C’est le piquet tout entier qui a décidé spontanément de s’y rendre en manifestation. Dans Cambo, cela s’est vu. Nombre de patients et de voisins, aux fenêtres, encourageaient en applaudissant.

La directrice, si arrogante, a fui la colère du personnel. C’est son beau-frère, membre du conseil d’administration, qui est venu en catastrophe de Dijon dans la nuit pour promettre moins de mépris. Une réunion exceptionnelle est prévue le 6 février. Sans illusions, des grévistes proposaient avant cette date de prolonger la lutte en rejoignant celle des salariés des Ehpad, le 30 janvier.

Article suivant :