Hôpital Pinel – Amiens : la direction a perdu la tête



Le personnel de cet hôpital psychiatrique d’un millier de salariés proteste contre la dégradation des conditions de travail. Depuis 2016, ils se sont vu imposer quatorze jours de travail supplémentaires sans compensation afin de tenter de faire face au manque chronique de personnel. Pour un service d’une bonne vingtaine de malades, parfois très agités, il n’y a plus que deux infirmiers, là où il y en avait cinq ou six il y a vingt ans. Ils s’épuisent et redoutent la violence et les gestes de désespoir des malades. Il n’y a plus de temps d’écoute. Les chambres individuelles peuvent accueillir jusqu’à trois malades. Les patients ne sont plus soignés, mais gardés, reclus dans les chambres et mis sous sédatif. Une quinzaine de médecins ont quitté l’établissement ou s’apprêtent à le faire, car ils ont l’impression de maltraiter les malades.

Le nombre de malades ne cesse d’augmenter, mais l’ARS (agence régionale de santé) baisse continuellement la dotation financière. Elle a diminué de 258 000 euros en 2017, si bien que la dette de l’hôpital atteint désormais onze millions d’euros. Pour faire des économies, la direction a fermé quatre services et vendu des terrains à une clinique spécialisée en psychiatrie qui doit bientôt ouvrir dans l’enceinte de l’hôpital, et qui bénéficie d’un financement de l’ARS !

Face à l’indifférence de l’ARS qui fait la sourde oreille, les salariés en colère sont décidés à poursuivre leur mouvement jusqu’à satisfaction de leurs revendications : des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins !

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