Harkis : tardive aumône
Les harkis, ces Algériens recrutés par l’armée française comme auxiliaires dans sa sale guerre, fournissent à la droite et à l’extrême droite un thème de discours. Au fond, elles n’ont que faire du sort de ces 42 000 hommes, 90 000 avec leurs familles, rapatriés en France et laissés à leur misère. Les deux tiers des 150 000 harkis furent abandonnés sur place par l’armée française et bien souvent massacrés comme traîtres. Ceux qui parvinrent à prendre le bateau furent d’abord parqués dans des camps, à Rivesaltes, au Larzac, dans le Languedoc, encadrés de près par des officiers, coupés de la population. On les dispersa peu à peu, dans des hameaux de forestage perdus dans les bois, dans des cités Sonacotra près des villes.
Dans l’été 1975, ceux qui restaient dans les camps, à Bias dans le Lot-et-Garonne, à Saint-Maurice-l’Ardoise dans le Gard, se révoltèrent, prirent des otages et obtinrent quelques améliorations de leur situation. Certains de leurs enfants continuèrent à revendiquer que l’État français reconnaisse leurs services et les indemnise. C’est à eux principalement que Macron adresse son aumône d’aujourd’hui. Mais il y a peu de chances qu’elle fasse oublier aux enfants comment l’impérialisme français a traité leurs parents.
