SNCF : Brétigny, la justice désigne un coupable



Ainsi, la brigade chargée de l’entretien avait vu ses effectifs divisés par deux entre 2000 et 2012, passant de seize à huit cheminots.

C’était le résultat d’une politique d’abandon de l’entretien du réseau décidée en haut-lieu, au gouvernement et à la direction de la SNCF. Ainsi, entre 2000 et 2010, la branche infrastructure a perdu 5 300 agents.

À de nombreuses repri­ses, des cheminots et aussi des usagers compétents avaient alerté la direction de la SNCF sur la dangerosité de la zone, sans aucun résultat. Ce qui devait arriver arriva : une pièce métallique, l’éclisse, solidarisant deux rails, ne tenait plus que par un boulon sur quatre et a entraîné le déraillement.

La SNCF a tenté de faire obstruction à toute l’enquête, n’hésitant pas à réaliser y compris des faux, comme la presse l’avait révélé, en 2016.

Mais, à la place des dirigeants et ministres, c’est aujourd’hui un cheminot, jeune cadre de proximité, qui est mis en examen pour homicides et blessures involontaires. Il lui est reproché de ne pas avoir détecté l’anomalie lors de la dernière tournée d’inspection avant l’accident, alors qu’il était seul, dans une zone particulièrement dangereuse, et devait examiner en cinq heures et demi 8,4 kilomètres de voies et 24 aiguillages !

Cette mise en examen est scandaleuse. En dédouanant les véritables responsables et leur politique criminelle, cette décision judiciaire, plutôt que de tirer les leçons du drame, prépare au contraire de nouvelles catastrophes.

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