Toray Films – Ain : oui pour 100 euros !



Non content de proposer une aumône, le patron demandait en plus la signature de l’accord par les syndicats, sinon la somme baisserait à 13 euros. En résumé, la direction donnait des miettes mais voulait en plus qu’on lui dise merci.

Bien sûr, elle avait choisi une période favorable pour ces réunions, correspondant à l’arrêt d’une partie des installations, un contexte qui rendait la grève plus difficile à démarrer. Le petit chantage à 2 euros de plus ou de moins a été tout de même signé par un syndicat minoritaire, qui a demandé l’organisation d’un référendum pour valider l’accord, comme le prévoient les dernières ordonnances.

Les travailleurs les plus combatifs se sont alors concertés sur la réponse à donner. Fallait-il boycotter le référendum ou voter non ? Finalement, ils ont préféré transformer cette consultation en contre-attaque sur les salaires en éditant un bulletin « Oui pour 100 euros » sous forme de coupon à détacher au bas du tract CGT.

Dans la semaine précédant le vote, les discussions ont été nombreuses autour de ce bulletin. Beaucoup de travailleurs se les passaient de la main à la main pour avoir le bon coupon à mettre dans l’enveloppe au nez du DRH présent près des urnes. Au final, il y a eu 135 « Oui pour 100 euros », un succès qui, ajouté aux 36 votes « Non », permettait au vote contestataire de dépasser le nombre de « Oui » à l’accord.

Non seulement les ouvriers de Toray ont ainsi déjoué le chantage à deux balles de la direction, mais ils ont préparé la deuxième étape, la grève pour 100 euros par mois !

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