Fichier raciste à Adecco : la justice prend son temps



En 2001, un ancien salarié de cette agence, qui avait entre autres pour clients Eurodisney et la Société des wagons-lits, avait alerté sur le fait qu’Adecco avait mis en place un fichier séparant les intérimaires en BBR (Bleu, Blanc, Rouge) pour les travailleurs dits blancs et PR4 pour les autres travailleurs, noirs, arabes, asiatiques, etc. ! Ce fichier aurait servi à répondre aux demandes de patrons ne voulant embaucher que des travailleurs blancs comme serveurs ou chefs de rang dans leurs hôtels ou leurs restaurants. Cinq cents intérimaires auraient ainsi été éliminés d’office pour ces postes.

Il aura fallu un combat juridique de plus de vingt ans pour que le tribunal daigne s’intéresser à cette affaire scandaleuse. Pourtant, dès le départ, les preuves ne manquaient pas : témoignages des anciens salariés d’Adecco, fichier des intérimaires PR4 saisi par un huissier, rapport de l’Inspection du travail, aveux de cadres d’Adecco enregistrés en caméra cachée, etc.

Le tribunal finira peut-être par condamner quelques subordonnés, comme les directeurs de l’agence Paris-Montparnasse d’Adecco, mais pas les gros actionnaires du groupe. Quant aux premiers responsables, les entreprises qui ont demandé de sélectionner des travailleurs en fonction de la couleur de leur peau, elles ne figurent même pas dans le registre des accusés.

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