Allemagne : les cheminots en grève pour les salaires



L’inflation est forte en Allemagne. Ces derniers mois les prix de l’alimentation, des loyers, des carburants, ont beaucoup augmenté. Avec une inflation offciellement à 3,8 % lors des négociations salariales, la direction proposait 0 % pour 2021, et une augmentation future de 3,2 %, étalée sur 28 mois. Par-dessus le marché, la Deutsche Bahn annonce une attaque sur les retraites complémentaires.

Après une consultation où 90 % des votants se sont exprimés pour la grève, celle-ci a démarré à l’appel de leur syndicat, GDL, le syndicat des roulants. Les trois quarts des trains, régionaux ou à grande vitesse pour les voyageurs ou de fret, sont obstinément restés à l’arrêt.

À la Deutsche Bahn il y a deux syndicats, l’EVG majoritaire, et le GDL, plus combatif mais aussi plus corporatiste. En 2015, le gouvernement avait fait passer une loi visant à empêcher qu’un syndicat non majoritaire, comme GDL, puisse appeler à la grève. Ainsi la grève actuelle des cheminots, pour les salaires et les conditions de travail, s’oppose-t-elle aussi, de facto, à cette loi antiouvrière.

Malgré les propos hargneux de la direction de l’entreprise, encore détenue à 100 % par l’État, et les reportages à charge fustigeant l’irresponsabilité ou l’égoïsme des grévistes, les cheminots tiennent bon. Le lundi 30 août, ils ont décidé de se remettre en grève, et plus longuement cette fois, du 2 au 7 septembre, pour défendre leur niveau de vie.

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