Sophie Pétronin : les chiens sont lâchés
Aussitôt, des voix se sont élevées pour dénoncer « l’irresponsabilité » d’une telle démarche. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, y est allé de son indignation, demandant « du respect pour nos soldats » : « Lorsque nous avons des ressortissants qui sont pris en otage à l’étranger, ce sont nos militaires qui vont les secourir au péril de leur vie », a-t-il déclaré le 3 novembre. Il a été rejoint par Bruno Retailleau, des Républicains : « C’est une trahison. […] Plus un soldat français ne doit mettre sa vie en jeu pour la sauver. »
Sauf que, dans le cas de Sophie Pétronin, il n’y a eu aucune intervention militaire, mais des négociations secrètes ayant abouti à un échange entre 200 prisonniers détenus par l’armée française, loin d’être tous des djihadistes terroristes puisqu’il y avait aussi des paysans victimes de rafles, contre quatre otages détenus au Mali, dont Sophie Pétronin.
En attaquant cette humanitaire de 76 ans, ce chœur indigné veut continuer à faire croire que l’armée française est au Mali dans un but qui serait lui aussi humanitaire, pour protéger les populations contre les djihadistes. Cette attaque en meute sert à dédouaner des troupes qui se conduisent en armée d’occupation et le gouvernement qui les envoie.
