"Aller chercher l’argent là où il est !"
On entend partout des arguments censés balayer la revendication d’un minimum de 2 000 euros net : la concurrence oblige les entreprises à être compétitives, la mondialisation tire les salaires vers le bas… Mais comme l’a dit un camarade : « Dans le passé aussi, il y a eu des moments où on croyait des choses irréalisables. Les congés payés par exemple. Pourtant, nos revendications sont légitimes. » Le chantage selon lequel si les salaires augmentent, les patrons partiront méritait une réponse de notre candidate : « Montebourg a bien eu l’idée de bloquer les comptes des travailleurs immigrés qui envoient de l’argent à leurs familles… Pourquoi on ne bloquerait pas les comptes des patrons ? Qu’ils partent s’ils veulent, nous on garde les capitaux et on gère l’entreprise ! »
Les patrons de PME ne pourraient pas augmenter les salaires ? Mais pourquoi les aides-soignants, facteurs et autres, qui n’arrivent pas à vivre de leur salaire, se laisseraient-ils étrangler ? Une comptable faisait remarquer que les petits patrons payent moins de cotisations que leur salarié pour un salaire au smic. Et combien de PME appartiennent à un grand groupe ? Dans la Drôme, LVMH a des unités de production de moins de 200 personnes. Enfin, même quand une PME a peu de moyens, il faut remonter la chaîne pour aller chercher l’argent là où il est : chez le donneur d’ordre, le banquier, les fournisseurs et les intermédiaires. Pour savoir où trouver l’argent, les travailleurs devront imposer l’ouverture et la transparence des comptes.
